31 octobre

(7 références)

 

St Quentin (IIIème siècle)

martyre de St Quentin, enluminure, XIIe

Il était romain, cinquième enfant, si l'on en croit son nom, ce qui était rare dans le Bas-Empire. Il parti pour la Gaule avec St Lucien de Beauvais et plusieurs compagnons pour évangéliser cette région du Beauvaisis et de la Picardie. Selon les « Actes » de sa vie, son succès provoqua la colère du préfet romain Rictiovare qui l'arrêta à Soissons, lui fit subir interrogatoires et supplices, le fit enfin décapiter, le 31 octobre. Sur le lieu de son martyre, s'éleva une ville qui prendra son nom : Saint-Quentin.

 

 

St Feuillen (VIIème siècle)

icône contemporaine

Frère des saints Irlandais Fursy et Ultan, Saint Feuillen (Faelan, Foillan, Faillan ou Pholien) est né vers l'an 600 sur l'île d'Inchiquin qui se trouve sur Le lac Corrib à l'ouest du Connemara en Irlande. Lorsqu'il devint adulte, il quitte l'Irlande avec ses deux frères pour évangéliser l'Angleterre. Deux ans plus tard, on le retrouve pour les mêmes raisons en France. En 650, il arrive à Nivelles (ville de l'actuelle Belgique) où il fait la connaissance de l'abbesse sainte Gertrude qui lui fait don d'une terre sise sur l'actuelle commune de Fosse-la-Ville afin d'y fonder un monastère. En 651, il doit faire un voyage en France et en profite pour passer par Nivelles afin rendre visite à sainte Gertrude. Il continue sa route et quelques kilomètres plus loin, il se fait attaquer lui et ses compagnons par des brigands qui les détroussent et les tuent. Feuillen est décapité et ses restes sont enterrés dans une porcherie. On ne trouvera son corps que quelques mois plus tard et il sera rammené à l'abbaye de Nivelles. Sur le lieu du meurtre, on érige une croix puis, vu le nombre de pélerins, on construit une chapelle appelée "chapelle de Sénophe". Ce lieu deviendra but de pélerinages pendant plusieurs siècles.

St Wolfgang (+994)

icône contemporaine

Moine d'Einsiedeln, puis évêque de Ratisbonne (Regensburg) en Bavière. Il naquit dans le canton des Grisons et, dès l'âge de sept ans, il donna les signes précoces de son intelligence. Il fut élève au monastère de Reichenau, puis à l'école ecclésiastique de Wurtzbourg. Appelé auprès de l'évêque de Trèves, il refusa tous les honneurs et devint un excellent éducateur auprès de la jeunesse. De retour en Suisse à l'abbaye de Saint Meinrad, il renonça à ses biens familiaux et s'engagea dans l'Ordre de Saint Benoît. Et c'est de là qu'il fut élu évêque de Regensburg où son influence dépassa vite les limites de son diocèse au point de devenir en même temps conseiller de l'empereur et des évêques voisins.

 

St Rueiss (env. 1334-1404)

icône copte contemporaine

L’Église copte fait aujourd’hui mémoire de Rueiss, vagabond de Dieu et fol en Christ. Il naquit vers 1334 dans un village du delta du Nil d’une famille de pauvres paysans. Dès l’enfance, le jeune Furayg dût aider ses parents dans les durs travaux des champs ; il y employait un petit chameau qu’il appelait Rueiss, « petite tête ». Quand se déclenchèrent de féroces persécutions contre les chrétiens, le père de Furayg renia sa foi. L’enfant s’enfuit, prenant le surnom qu’il avait donné à son chameau et vécut en vagabond, à travers toute l’Egypte, dans la pauvreté la plus grande. Pour échapper à l’estime que sa sainteté lui attirait partout, Rueiss simula la folie, se fit appeler Tegi, « le fou », et se mit à errer nu, refusant de parler, même quand il était pourchassé et humilié. Homme de profonde prière, « contemplatif de Dieu », Rueiss mourut le 21 babah 1404, le 18 octobre du calendrier julien ; il fut enseveli dans la petite église de saint Mercure, au lieu-dit Dayr al-Handaq. Cette église fut restaurée en 1937, et alentour se sont élevés l’Institut supérieur d’études coptes, le nouveau siège du Patriarcat copte et la nouvelle cathédrale du Caire. En mémoire du fol en Christ bien-aimé, on a donné à ce lieu le nom de « Anba Rueiss ».

  Martin Luther (1483-1546)

portrait par Lucas Cranach

Martin Luther naquit en 1483 à Eisleben, en Saxe; il fit ses études à l'école cathédrale de Magdebourg et à l'université d'Erfurt. Entré chez les Augustins, il reçut l'ordination presbytérale en 1507, et devint lecteur à l'université de Wittenberg. Élu supérieur provincial de son ordre, Luther eut la charge de veiller sur une douzaine de communautés augustiniennes et, dans ce rôle, il se trouva toujours plus mal à l'aise face aux déviances par rapport à l'Évangile qui se manifestaient un peu partout dans l'Église de son temps. Écoeuré en particu- lier par le déplorable trafic des indulgences, il entreprit graduellement d'annoncer la doctrine qui à son avis est au coeur de la foi chré- tienne: la justification du croyant par la foi et non par les oeuvres. S'appuyant sur la théologie des lettres de saint Paul et sur la pensée d'Augustin, en 1517, Luther contesta publi- quement maintes déviances répandues dans la pratique ecclésiale de son époque, en affichant une liste de quatre-vingt- quinze thèses à la porte de l'église de Wittenberg. Dans le sillage d'autres réformateurs qui, au cours des siècles précédents, avaient lutté pour sauver le cceur de l'Évangile, payant parfois de leur vie leur obstination, Luther donnait de fait son point de départ à la Réforme protestante. Certes, il n'imaginait pas, ce 31 octobre 1517, qu'en peu d'années il allait donner vie à des communautés ecclésiales séparées de l'Église de Rome. Les aléas de l'histoire firent en sorte qu'en peu de temps on en vint à une rupture irrémédiable entre catholiques et protestants, rupture qui se précisa progressivement sur divers présupposés fondamentaux de la foi. Cette rupture ne commencerait à se réparer qu'au xxe siècle.
La Réforme se répandit rapidement dans une grande partie de l'Europe. Martin Luther mourut en 1546, non sans avoir profondément influencé le renouveau de l'Église, protestante aussi bien que catholique, en sauvegardant, à un moment crucial de l'histoire, le primat de la foi et de la Parole contenue dans les Saintes Écritures sur tout autre enseignement qui ne serait que le fruit de la quête religieuse de l'homme.

  St Jean Kochurev (+1917)

icône contemporaine

Envoyé jeune prêtre comme missionnaire en Amérique du Nord, il entreprit la construction de la cathédrale russe de Chicago. Revenu en Russie quelque temps avant la Révolution d'Octobre, il fut massacré en pleine rue, à Tsarskoïe Selo, par une groupe de marins bolcheviks six jours après le coup d'Etat. Il devint ainsi le premier martyr de la Révolution au sein du clergé russe. Il fut canonisé par le Patriarcat de Moscou en 1994, à la demande de l'Eglise orthodoxe d'Amérique.

 

 Louis Massignon (1883-1962)

Louis Massignon est né à Nogent-sur-Marne, en 1883. Au cours de ses années de lycée, il s'est pris de passion pour les cultures orientales et les grandes religions monothéistes. Une fois obtenu son diplôme d'arabe, il séjourna au Maroc où il apprit à connaître la foi et l'hospitalité musulmane. Comme pour Charles de Foucauld dont il fut l'ami et aussi un peu le disciple, la rencontre de l'islam et de la culture arabe fut pour Massignon aussi l'occasion de redécouvrir sa foi chrétienne. À partir de ce moment, l'orientaliste français fut sans cesse habité par un feu intérieur qui le guidera tout au long de sa vie. Professeur confirmé d'islamologie, il fit connaître dans le monde entier les richesses de la mystique musulmane, surtout par l'étude de al-Hallag, dont il fut le meilleur interprète. À Paris ses cours attiraient des foules d'auditeurs, fascinés par la capacité de sympathie pour la pensée de l'autre que Massignon ne cessait de manifester. Convaincu de la grande incompréhension qui régnait autour des populations d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, il s'employa personnellement à promouvoir une connaissance plus profonde de leurs motivations en Occident; et à l'instar de la non-violence de Gandhi, il s'engagea à résoudre les graves crises qui existaient dans les territoires colonisés. Par la finesse de sa charité, sa délicatesse et sa bouleversante humilité, Massignon sut allier jusqu'au bout à un profond esprit scientifique une compassion sans limites. Louis Massignon est inscrit dans le souvenir du monde musulman qui lui garde profonde estime et reconnaissance.

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