18 septembre

(8 références)

 

 Ste Ariane (IIème siècle)

icône contemporaine

Elle appartient au groupe des martyrs chrétiens d’Asie Mineure dont le nom et la mémoire du martyre ont été préservés par la tradition, mais dont la biographie doit être examinée avec une prudence particulière. Son nom est lié à Primnessus, une ancienne ville de Phrygie, identifiée à l’actuelle Sülün, près d’Afyonkarahisar, dans le centre de la Turquie. La tradition la présente comme une jeune esclave chrétienne appartenant à Tertullus, une figure importante de la ville. Ayant refusé de participer à un sacrifice païen lors d’un festin familial, elle aurait déclaré ouvertement sa foi et fait face à des poursuites. Condamnée à la torture, elle obtint un court délai avant de fuir vers les montagnes. Sa Passio raconte qu'alors un rocher se serait miraculeusement ouvert pour l’accueillir et la protéger des persécuteurs. Les recherches modernes ont montré que l’histoire qui nous est parvenue est un texte hagiographique, probablement composé au IVe ou Ve siècle, et qu’il contient des éléments d’une évidence littéraire. Mais certains de ses détails semblent provenir de sources plus anciennes, et il est attesté que Tertulle a bien vécu en Asie Mineure au IIe siècle.

 St Ferréol de Limoge (VIème siècle)

chef reliquaire

Évêque de Limoges à la fin du VIe siècle, Ferréol eut à calmer les fureurs populaires contre les exactions des rois mérovingiens, et aussi à reconstruire Saint-Martin de Brive incendié en ces temps difficiles. Il assista au concile de Mâcon de 585, où l’on visa à restaurer la pratique dominicale, outre la responsabilité épiscopale dans la protection des faibles et la discipline ecclésiastique. St Ferréol présida les obsèques de St Yrieix en 591.

Lors d’une émeute en ville, alors que le peuple voulait mettre à mort Marc, référendaire du roi Childebert, l’évêque l’arracha au péril qui le menaçait.

 

 Ste Richarde (IXème siècle)

icône contemporaine

Fille du comte d'Alsace, elle avait épousé Charles le Gros, roi des Francs de Rhénanie. En 881, soutenu par le Pape, Charles devint empereur d'Occident, roi de Germanie et roi de France. Bien qu'instruit et dévot, il permit aux Sarrasins de venir piller l'Italie, aux Normands de piller le nord de la France, la région parisienne et la Bourgogne. Il abandonna le pape Jean VIII qui l'appelait au secours et le pape fut, par cette faute, massacré à coups de marteau dans son palais du Latran. Tant et si bien que la Diète de 887 déposa Charles le Gros, et son empire fut divisé en sept petits royaumes. Ste Richarde n'était plus à ses côtés. Elle avait été répudiée, accusée injustement d'adultère pour avoir embrassé la croix pectorale de l'évêque de Verceil. Elle se retira en Alsace, à l'abbaye d'Andlau qu'elle avait naguère fondée et mourut quelques années plus tard. Le pape Léon IX, un alsacien, vint vénérer ses restes et la plaça sur les autels.

On la représente souvent avec l'ourse qui lui aurait indiqué l'emplacement exact où elle devait bâtir l'Abbaye d'Andlau.

   St Joseph de Cupertino (1603-1663)

icône contemporaine

De famille très pauvre, distrait, maladroit, considéré comme un peu simple, il chercha longtemps un couvent qui voulût de lui. Les franciscains conventuels de Grotello (Pouilles) finirent par l'accepter à l'essai " pour soigner leur mule " (1625). Les phénomènes qui l'ont rendu célèbre commencèrent le 4 octobre 1630, deux ans et demi après son ordination sacerdotale (mars 1628). Le plus extraordinaire était la lévitation, qui se reproduisit d'innombrables fois jusqu'à sa mort. On eût dit qu'il s'envolait à la rencontre de Dieu. Il quittait le sol comme un oiseau, et restait suspendu à la voûte de l'église, au plafond du réfectoire, ou dehors en plein air, et là, il demeurait en contemplation, tout absorbé en Dieu. Comme à St François, les animaux lui obéissaient, les éléments étaient dociles à sa voix ; à son attouchement, les malades étaient guéris. En un mot, la nature semblait n'avoir plus de lois en présence des désirs de Joseph. Chaque fois qu'on récitait en sa présence les Litanies de la Sainte Vierge, il s'élevait en l'air et allait embrasser l'image de la Mère de Dieu. Il mourut à Osimo, d'une mort digne de sa vie, le 18 septembre 1663 à l'âge de soixante ans, et fut canonisé par Clément XIII en 1766. Il est depuis le saint patron des aviateurs !

   Bx David Okelo (1902-1918) et Gildas Irwa (1906-1918)

 

Alors qu’ils s’employaient à enseigner l’Évangile au peuple, ils furent transpercés de coups de lance par des païens du lieu, à Paimol en Ouganda. Les parents de David étaient païens. Ils faisaient partie de la tribu Acholi. La première mission fut fondée en 1915 par les religieux Comboniens. Nouvellement baptisés, David et Gildas s'offrirent comme catéchistes. Malheureusement la région était troublée par les incursions des pillards, de marchands d’esclaves et de trafiquants d’or. Les pillards musulmans et des guérisseurs-sorciers profitèrent de cette situation de violence pour tenter de déraciner la nouvelle religion. Le matin de leur martyre, Gildas répondit à David qui lui faisait entrevoir la possibilité d’une mort cruelle : "Pourquoi serions-nous effrayés ? Nous n’avons fait de mal à personne." Ces témoins courageux n’étaient que des enfants lorsque, avec simplicité et foi, ils versèrent leur sang pour la Parole de Dieu.

   Vén. Niklaus Wolf de Rippertschwand (1756-1832)

Il était fermier, père de famille, homme politique et de prière. Il avait étudié et testé de nouvelles méthodes d’agriculture et faisait lui-même l'école à ses enfants. Le soir, il priait avec sa famille et ses employés, et le matin, il allait à la messe à Neuenkirch. En février 1798, il est élu représentant du peuple au parlement de Lucerne. Il espérait pouvoir changer beaucoup de choses grâce à son bureau politique. Sous l’influence de la Révolution française, tout ce qui avait trait à l’Église était suspect, de nombreux monastères étaient dissous. En 1799, la Confédération suisse futt occupée par les troupes françaises et russes qui se battaient entre elles. Les troupes françaises étaient en partie cantonnées dans des monastères. Ces conditions poussèrent Niklaus Wolf à la prière : "Je pense que nous, les hommes, au lieu de nous politiser, devrions nous rencontrer régulièrement pour la prière. Il faudrait qu’il y ait une armée de prières qui puisse faire plus que ce que Napoléon a fait avec ses soldats." De 1803 à 1805, Wolf fut membre du grand conseil de Lucerne, mais il s’en retira parce qu’il se sentait impuissant face à l’esprit antireligieux qui y régnait. Puis de 1809 à 1811, il fut maire de Neuenkirch. Vers 1805, il s'était découvert un don de guérison et fut ainsi en mesure d’aider un grand nombre de malades. À l’âge de cinquante ans, il cèda sa ferme à son fils Johann afin de se consacrer entièrement à ce service. Mais des envieux obtinrent qu’en 1815, l’État et l’Église lui interdisent de guérir les malades. Cependant, sur l’insistance du peuple, cette interdiction fut levée l’année suivante ; Wolf reçut de son église la permission de guérir et d’instruire les gens. Le 9 septembre 1832, il fut victime d’une attaque d’apoplexie au monastère de Saint-Urbain et mourut neuf jours plus tard. Un procès en vue de sa béatification est ouvert.

   Henri Caffarel (1903-1996)

Né à Lyon dans une famille chrétienne, Henri Caffarel fit ses études au collège des Maristes. Il avait vingt ans lorsque se produisit la rencontre qui allait orienter toute sa vie : "À vingt ans, Jésus-Christ, en un instant, est devenu Quelqu’un pour moi. Oh ! Rien de spectaculaire. En ce lointain jour de mars, j’ai su que j’étais aimé et que j’aimais, et que désormais entre lui et moi ce serait pour la vie. Tout était joué". Ordonné prêtre à Paris en 1930, il se consacra alors à la formation spirituelle des chrétiens laïcs, notamment dans le cadre de l’Action Catholique. Il prêchait des retraites et guidait beaucoup de jeunes qui le rencontraient. Ce furent ces jeunes qui, une fois mariés, firent appel à lui pour obtenir des conseils dans leur vie de couple. Dès 1939, le Père Henri Caffarel réunit en groupe quelques foyers et les invita à chercher ensemble ce qu’était le chemin de sainteté pour les couples. Peu à peu, il développa une véritable spiritualité conjugale fondée sur le sacrement de mariage. En 1947, les groupes de foyers se structurèrent en un mouvement nommé les "Équipes Notre-Dame", doté d’une charte. La même année, le Père Caffarel créa un mouvement pour les jeunes veuves de guerre, devenu plus tard "Espérance et Vie". Afin de répondre à sa préoccupation constante - inviter les laïcs à une authentique vie spirituelle grâce à l’oraison quotidienne pour les conduire à la rencontre personnelle avec le Christ -, il lança en 1957 une nouvelle revue, Cahier sur l’oraison, puis il ouvrit en 1966 une école de prière à Troussures, dans le diocèse de Beauvais, où il anima chaque année des "Semaines de prière" et donna des cours d’oraison. Dans sa vie débordante d’activités, les longues heures de prière et d’adoration silencieuses et quotidiennes étaient pour le Père Caffarel, essentielles : "Dans la chapelle de Troussures, assis sur son petit banc de prière, le corps et la tête bien droits, les yeux le plus souvent clos, les mains largement ouvertes sur les genoux, parfaitement immobile, tout recueilli, tout présent à Dieu présent au plus intime de lui-même. Plus rien ne comptait. On aurait dit qu’il était à la fois tout accueil et toute offrande, se tenant devant son Seigneur et son Dieu."

   Julos Beaucarne (1936-2021)

"C’est la société qui est malade, il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour et la persuasion […] Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien-aimée, il n’est de vrai que l’amitié et l’amour."

Né à Bruxelles, le chanteur grandit dans la campagne, à Écaussines, son père étant vendeur de machines agricoles. Attiré d'abord par le théâtre, il décida de partir de chez lui, abandonnant des études pour vivre de divers métiers. Il commença à chanter en 1961 alors qu’il était en Provence, se produisant sur les places publiques pour gagner de quoi réparer sa voiture. Débuta alors pour lui une carrière de comédien en Belgique suivit d'un premier album en 1967 Julos chante Julos, le premier de presque cinquante. Sa popularité devint vite grandissante, et dans les années 1970, il chanta notamment à l’Olympia. Le musicien resta pourtant un peu à l’écart des projecteurs, se méfiant de la publicité et de la communication, préférant son indépendance et le contact direct avec son public. Sa vie fut marquée par un évènement tragique : le 2 février 1975, sa femme Louise Hélène Brunfaut, surnommée « Loulou », fut assassinée de neuf coups de couteau par un jeune homme déséquilibré que la famille hébergeait. Julos Beaucarne écrivit alors une lettre ouverte bouleversante où il appelle notamment "à reboiser l’âme humaine". C’est du nom de cette épouse regrettée qu’il baptisa sa maison d’édition (éditions Louise-Hélène France) avec laquelle il édita ses nombreux albums mais également plusieurs livres. Passionné et créatif, Julos s’était même lancé dans la sculpture, composant ses œuvres en détournant des objets de leur usage, et était également revenu au cinéma. Il avait ainsi tracé sa propre route, créant deux rassemblements politiques sans étiquettes : le Front de Libération de l’Oreille et le Front de Libération des Arbres Fruitiers. Poète, il aimait les mots passionnément, se nommant lui-même " obsédé textuel ", écrivant plus de cinq cent chansons. Il reprenait parfois les mots des autres pour ses chansons : Hugo ou encore Verlaine qu'il mit en musique. Très attaché à la Wallonie et à sa langue, il avait également raconté son pays dans de nombreuses chansons, notamment avec « La P’tite Gayole », faisant de cette chanson traditionnelle un hymne de la région.

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