tableau, XIXe  |
Née à
Sienne d'un père ruiné, qui s'installe à
Rome, elle est contrainte de se louer comme domestique et elle
épouse Dominique Taïgi, domestique au palais Chigi.
C'est un brave homme mais bourru et très coléreux.
Anne Marie garde une patience inaltérable avec lui comme
avec ses parents, aigris et grincheux, qu'elle soigne. Elle ne
fait rien sans la permission de son époux mais, de son
côté, celui-ci accepte aussi l'aventure spirituelle
de son épouse et ne s'oppose pas à la grâce
de Dieu. Anne-Marie et lui mettront au monde sept enfants mais
auront le chagrin d'en perdre trois en bas âge. Mère
attentive à l'éducation de ses enfants, femme d'intérieur
dont le logement modeste est toujours propre, elle fait la cuisine,
coud les vêtements de toute la maisonnée, tient
les comptes. Rien ne distingue sa vie de celle des mères
de famille qui l'entourent, sinon une certaine humeur enjouée
et toujours sereine : " Elle parlait de Dieu, dira
son époux, sans devenir ennuyeuse comme le sont beaucoup
de dévotes." Et pourtant sa vie est un torrent
de grâces mystiques : extases, visions, prescience. Dieu
fait irruption qu'elle soit dans sa cuisine ou en pleine lessive.
Avec familiarité, elle lui demande : " Laissez-moi,
Seigneur, je suis mère de famille." Et cela déborde
vers l'extérieur : guérisons, prophéties,
lecture dans les coeurs. On vient de loin la consulter. Grand'mère,
elle continuera à veiller sur sa famille avec gaieté,
malgré la maladie et de terribles crises de doutes. |
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