9 juin

(4 références)

 

St Colomba (VIème siècle)

icône contemporaine

Abbé dans l'île d'Iona au large de l'Ecosse. L'un de ses successeurs trace de lui ce portrait : "Nature d'élite, brillant dans ses paroles, grand dans ses conseils, plein d'amour envers tous, rempli au fond du coeur de la sérénité et de la joie du Saint-Esprit." Il fonda plusieurs monastères en Irlande avant de fonder celui d'Iona en Ecosse, monastère célèbre qui fut une pépinière de saints moines et de missionnaires.
Il est vénéré en Irlande à l'égal de saint Patrick et de sainte Brigitte de Kildare, cette Irlande qu'il chantait : "Sur chaque branche de chêne, je vois posé un ange du ciel... tout y respire la paix, tout n'y est que délice."

 

Ste Anne-Marie Taïgi (1769-1837)

tableau, XIXe

Née à Sienne d'un père ruiné, qui s'installe à Rome, elle est contrainte de se louer comme domestique et elle épouse Dominique Taïgi, domestique au palais Chigi. C'est un brave homme mais bourru et très coléreux. Anne Marie garde une patience inaltérable avec lui comme avec ses parents, aigris et grincheux, qu'elle soigne. Elle ne fait rien sans la permission de son époux mais, de son côté, celui-ci accepte aussi l'aventure spirituelle de son épouse et ne s'oppose pas à la grâce de Dieu. Anne-Marie et lui mettront au monde sept enfants mais auront le chagrin d'en perdre trois en bas âge. Mère attentive à l'éducation de ses enfants, femme d'intérieur dont le logement modeste est toujours propre, elle fait la cuisine, coud les vêtements de toute la maisonnée, tient les comptes. Rien ne distingue sa vie de celle des mères de famille qui l'entourent, sinon une certaine humeur enjouée et toujours sereine : " Elle parlait de Dieu, dira son époux, sans devenir ennuyeuse comme le sont beaucoup de dévotes." Et pourtant sa vie est un torrent de grâces mystiques : extases, visions, prescience. Dieu fait irruption qu'elle soit dans sa cuisine ou en pleine lessive. Avec familiarité, elle lui demande : " Laissez-moi, Seigneur, je suis mère de famille." Et cela déborde vers l'extérieur : guérisons, prophéties, lecture dans les coeurs. On vient de loin la consulter. Grand'mère, elle continuera à veiller sur sa famille avec gaieté, malgré la maladie et de terribles crises de doutes.

St Abraham d'El-Fayoum (1829-1914)

Le 10 juin 1914, après trente-trois années de ministère épiscopal et près de soixante-dix ans de vie monastique, s’éteint Abraham, évêque de al-Fayyoum. Natif de la province copte de al-Minya et baptisé sous le nom de Joseph, il était entré à dix-huit ans au monastère de la Vierge de al-Muharraq, près de Asyut. S’étant surtout distingué par son extraordinaire engagement en faveur des pauvres, qui sera le fil rouge évangélique de toute sa vie, Joseph devint à 37 ans abbé du monastère. À partir de ce moment, des moines en grand nombre se firent ses disciples, et la communauté connut un essor extraordinaire. Mais avec le nombre des disciples, les tensions internes d’al-Muharraq prirent de l’importance, et Joseph fut contraint d’abandonner le monastère, car on l’accusait de dissiper les biens de la maison en faveur des pauvres. Avec quatre compagnons, il fut accueilli dans le monastère de al-Baramus, dans le Wadi-al-Natrun. L’abbé du lieu, devenu patriarche, qui avait remarqué la grande valeur spirituelle de Joseph et de ses frères, les ordonna tous les cinq évêques. Joseph devint ainsi, en 1881, l’évêque Abraham de al-Fayyoum. En tant que pasteur, il se sentit appelé avant tout à servir les pauvres, sans discrimination entre chrétiens et non-chrétiens. À ce service il joignit un chemin de dépouillement personnel : il ne voulut jamais s’asseoir à une table autre que celle des petits et des exclus, et il refusa tous les signes de distinction extérieurs et mondains qui reviennent pourtant par tradition dans presque toutes les Églises à celui qui est revêtu de la dignité épiscopale. A sa mort, une foule immense de chrétiens et de musulmans accourut pour lui rendre le dernier hommage.

Yvan Amar (1950-1999)

Il est un philosophe novateur et est considéré comme un des sages qui ont éclairé la fin du XXéme siècle. Né d'un père juif et d'une mère chrétienne, il s'est toujours situé aux confluents de diverses cultures. Fondateur des éditions du Relié, il est aussi celui qui a transmis un enseignement fondé sur l'expérience de la relation à l'autre vécue comme discipline de conscience. Il avait une insuffisance respiratoire, une maladie pulmonaire chronique incurable, dont il mourut à l'âge de 49 ans. Il aimait dire que la vie lui avait donné 3 maîtres: son maître indien (Chandra Swâmi Udasin), sa femme Nadège et sa maladie.
Marie de Hennezel lui a consacré un livre entier "Mourir les yeux ouverts".

"Si quelqu'un me guérit et me retire mon mal, j'entends aussi qu'il me hisse au niveau de conscience que j'aurais atteint si j'avais moi même résolu ce que ce mal devait m'apprendre. Sinon, s'il me laisse dans le même état de conscience après m'avoir retiré mon mal, il me vole l'outil de ma croissance que peut être cette maladie."

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