28 juin

(6 références)

 

  St Irénée de Lyon (+202) 

icône contemporaine

 Irénée venait d'Asie Mineure comme beaucoup d'autres dans cette vallée du Rhône. Dans sa jeunesse, il avait été disciple de St Polycarpe de Smyrne qui avait été lui-même un disciple de St Jean l'Evangéliste. C'est peut-être ce qui lui donna le sens aigu de la tradition dans l'Eglise : transmission d'homme à homme du dépôt de la foi. On le retrouve à Lyon. On ne sait pourquoi, car il ne s'est pas expliqué sur les raisons de son voyage. On ne sait pas non plus comment il échappa à la grande persécution qui décima les Eglises de Lyon et de Vienne. Etait-il en mission à Rome comme on l'a dit ? En tous cas, il succèda à St Pothin l'évêque de Lyon, mort martyr pendant cette persécution. Il ne cessa de se dépenser au service de la paix des Eglises. Un grand danger le préoccupait : les doctrines gnostiques qui se répandaient dangereusement. Elles niaient l'Incarnation du Fils de Dieu et mettaient en péril l'intégrité de la foi. St Irénée les étudia très minutieusement, enquêta, interrogea, lut. Armé par cette connaissance approfondie de l'adversaire, il rédigea un important traité "Contre les hérésies" pour réfuter ces doctrines ésotériques. En même temps, il intervint auprès du pape pour l'empêcher d'exclure de la communion de l'Eglise les communautés qui fêtaient Pâques à une autre date que l'Eglise romaine. Il n'oubliait pas que son nom signifie :"le pacifique". L'intelligence, la charité et le sens de la Tradition apostolique resplendissent dans ses oeuvres.

  St Heimrad (+1019) 

 Originaire de la Souabe, il est l'une des figures les plus populaires au Moyen Age. Fils de serfs, il devint prêtre, ce qui était rare à l'époque. Il partit en pèlerinage en Terre Sainte et en revint avec une vocation de "fol en Christ", ce qui était également rare en Occident. Pendant quarante ans, il parcourt l'Allemagne en pèlerin, recherchant tout ce qui permettait d'être traité comme Jésus l'avait été ici-bas. En Rhénanie, un abbé d'un monastère le fit flageller pour lui avoir dit que l'on était guère fervent dans son couvent. En Westphalie, un curé lança ses chiens contre lui pour l'obliger à quitter sa paroisse. L'impératrice Cunégonde le fit fouetter parce qu'il avait osé dire qu'il était le frère de l'empereur. Quand le châtiment fut terminé, il lui dit :"Nous avons le même Père qui est aux Cieux." Ste Cunégonde le regretta et lui demanda pardon. Il fut trouvé mort, un jour, dans une cabane abandonnée, son pèlerinage avait atteint son but : le ciel.

St Lazare de Serbie (+1389) (CJ : 15 juin)

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Il fut admis à la cour du tsar Douchan, dans son palais de Skopjé. Sa probité et sa piété lui acquirent le respect de tous. Il épousa une parente du tsar, Ste Militsa, dont il eut huit enfants. Il assura la succession princière et toute son action fut de rassembler les Serbes divisés, en vue de lutter contre les Turcs, ainsi que de renouer la communion entre l'Eglise serbe et le patriarche de Constantinople. Il érigea de nombreux monastères dont celui de Ravanitsa, et périt dans la bataille du Kosovo contre les Turcs.

 

St Paul Giustiniani (1476-1528)

icône contemporaine

 Né dans l’opulente famille vénitienne des Giustiniani, le jeune Thomas fut formé à l’école des humanistes italiens les plus renommés de son temps. Il se retira sur l’île de Murano pour approfondir dans la sérénité sa propre recherche philosophique ; là, Thomas entra en contact avec les moines camaldules et sa vie subit un retournement soudain et radical. En 1510, il entra, avec deux amis vénitiens, dans l’ermitage des Camaldules où il prit le nom de Paul. Vite, il se mit à aspirer, avec l’un de ses deux amis, Pierre Quirini, à une profonde réforme de l’Église, jusqu’à écrire un pamphlet détaillé sur la question qu’il adressa au pape Léon X. Mais le mécontentement de Giustiniani ne se limitait pas à la situation d’ensemble de l’Église ; il garda, sa vie durant, la certitude que la vie érémitique pouvait être le rappel, dans le silence et le mystère, de l’amour de Dieu pour les hommes, une « prédication sans paroles ». Brûlant du désir de se livrer totalement à une vie d’intimité avec Dieu, il abandonna l’environnement des Camaldules et créa en 1520, près d’Ancône, la « Compagnie des Ermites de Saint Romuald », aujourd’hui connus sous le nom d’ermites camaldules de Monte Corona. Giustiniani sut, grâce à sa grande culture, maintenir l’unité entre une austérité poussée presque à son paroxysme et une sensibilité spirituelle remarquable.

St John Southworth (+ 1654)

icône contemporaine, détail

 Arrêté pour exercice des fonctions sacerdotales sur le sol britannique, il subit plusieurs fois la prison et l’exil. Enfin condamné à mort sous le protectorat d’Olivier Cromwell, en voyant, à Tyburn, le gibet avec la corde, il s’écria qu’il tenait la potence pour la croix du Christ. (martyrologe romain)
Il fait partie des quarante martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles qui ont été canonisés en 1970.

 

 Sts martyrs serbes (1941-1945) (CJ : 15 juin)

icône contemporaine

En mai 1941, les milices nationalistes croates équipèrent le camp de concentration de Jasenovac, où seront assassinés de 1941 à 1945 des centaines de milliers de prisonniers, pour la plupart serbes et juifs. Dans cette même période, le régime oustachi du dictateur Ante Pavelitch, appuyé par Hitler et Mussolini, et bien vu d’une partie de la hiérarchie catholique, conduisit au massacre, sept cent mille orthodoxes serbes, cinquante mille Juifs, et même des catholiques slovènes, détruisant presque toutes les synagogues de la Croatie et 299 églises orthodoxes. Le Patriarcat orthodoxe serbe paya un prix très élevé à la furie dévastatrice des oustachis : 6 évêques, plus de 300 prêtres et 222 religieux perdirent la vie en ce bref laps de temps. Dans la seule éparchie orthodoxe de Plaski, ne restèrent plus vivants que 5 prêtres sur 137. Les chefs religieux, les rabbins d’une part, et les métropolites d’autre part, furent contraints à subir en public, qu’ils soient vivants ou morts, des atrocités sans nom. Parmi les principaux collaborateurs du régime inhumain de Pavelitch, il y eut même quelques religieux catholiques. Les évêques qui osèrent élever la voix en faveur des juifs furent une minorité ; et presque personne ne se manifesta pour défendre les Serbes. Le martyre de l’Église serbe et des juifs croates, conséquence avant tout de haines nationalistes nourries depuis longtemps dans ces pays de frontières, doit être un avertissement à se souvenir combien les expressions de la foi religieuse ont en tout temps à veiller sur l’instrumentalisation dont elles peuvent être l’objet, et dont les résultats dans l’histoire ont toujours été dévastateurs. Mais chaque chrétien est appelé à vérifier si la foi en Christ est compatible avec une idéologie qui ne reconnaît pas la dignité et l’inviolabilité de la vie de tout homme.

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