25 janvier

(7 références)

 

Conversion de St Paul

fresque de Decani (Serbie, XIVe)

Six ans après l'Ascension, l'Eglise reçoit du Christ une grâce particulière qui sera déterminante pour l'avenir. Sur le chemin de Damas, le pharisien Saul de Tarse, qui avait obtenu des lettres de mission pour persécuter les sectateurs du charpentier de Nazareth, est jeté à bas de son cheval par un éblouissement de lumière. Toute la doctrine de St Paul découlera de l'extraordinaire dialogue qui s'en suivit. L'Eglise et le Christ ne font qu'un et c'est ce Corps Mystique qui sera l'une des bases de l'ecclésiologie de St Paul. C'est la résurrection qui s'affirme à lui comme une réalité incontournable. C'est un vivant qui lui parle et l'humanité du Christ s'établit dans la gloire de la divinité. L'Evangile s'impose avec une telle intensité qu'il en est aveuglé et terrassé jusqu'au moment où la lumière baptismale lui révèlera le mystère.

"Dieu qui as instruit le monde entier par la parole de l'apôtre saint Paul dont nous célébrons aujourd'hui la conversion, accorde-nous d'aller vers Toi en cherchant à lui ressembler, et d'être dans le monde, les témoins de ton Evangile. Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur." (prière du jour)

 St Grégoire de Nazianze (329-389)

 

Grégoire naquit à Arianze, en Cappadoce, vers 330. Son père, juif converti au christianisme, était devenu évêque du diocèse voisin de Nazianze. Après avoir terminé ses études dans diverses grandes villes de l’époque, Grégoire reçut le baptême à Constantinople et rejoignit son ami Basile à Annesi pour partager avec lui la quête de Dieu dans la solitude. En 361, toutefois, il fut contraint de quitter la quiétude du monastère pour aider son père dans le gouvernement du diocèse de Nazianze. Une fois devenu évêque, Basile songea à son ami pour le nouveau diocèse de Sasime. Grégoire ne fut en rien heureux de cette nomination épiscopale et ne prit jamais possession du diocèse : il resta auprès de son père et, à la mort de ce dernier, se retira au monastère. Mais sa vie changea encore quand, en 379, il fut nommé évêque de la petite communauté orthodoxe de Constantinople, ville alors sous domination arienne. St Grégoire se rendit dans la capitale et y ouvrit l’église de l’Anastasis ; il y prononça des sermons d’une extraordinaire valeur théologique et littéraire, au point de mériter le titre de « théologien », que l’Église byzantine ne réserve qu’à un très petit nombre de prédicateurs. À l’ouverture du Concile de Constantinople, Grégoire y assuma la présidence des travaux, mais quand on exhuma son ancien refus de se rendre à Sasime, il quitta la ville et revint à Nazianze, pour achever dans la solitude son difficile pèlerinage sur la terre. Il mourut en 389/390, le cœur brisé et humilié, mais les yeux fixés dans la contemplation de la Trinité.

 Ste Dwynwen (+ vers 460)

 

Jeune fille issue de la noblesse galloise, elle est dès son plus jeune âge attirée par la vie religieuse. Convoitée par un jeune seigneur prénommé Maelon, elle tente de trouver un moyen de se soustraire au mariage. Une nuit, elle fait un rêve au cours duquel elle absorbe une potion destinée à détourner l’attention du prétendant, mais à son réveil, elle constate que le jeune homme est transformé en statue de glace. Lorsqu’elle réalise que rien de parviendra à éteindre l’amour de Maelon, elle le ramène à la vie grâce à ses prières, puis elle se retire comme religieuse sur l’île de Llanddwyn. Une fontaine portant son nom devient par la suite un important lieu de pèlerinage, où viennent se recueillir les jeunes amoureux qui veulent savoir si leur relation sera heureuse et durable. Il leur suffit pour cela de poser leur question et d’observer les mouvements des poissons qui évoluent dans la fontaine.

 St Prix (+ vers 676)

Evêque de Clermont en Auvergne, il fonda plusieurs monastères et un hôpital. Comme il avait excommunié le comte d'Auvergne pour un rapt qu'il avait commis, le comte porta d'affreuses calomnies contre le prélat auprès du roi qui convoqua l'évêque. La vérité éclata et le ravisseur eut la tête tranchée. Comme St Prix revenait dans son diocèse, au village de Volvic, il fut arrêté par une bande de vauriens à la solde de la famille du décapité. Ils tuèrent Marin (ou Amarin) qui accompagnait l'évêque croyant qu'il s'agissait de lui. Au moment où ils s'éloignaient, St Prix leur signala l'erreur. Ils l'abattirent à son tour.
Plus de vingt localités portent son nom.

  St Sava (1169-1236) (CJ : 12 janvier)

icône contemporaine

 

Fils du roi serbe Etienne 1er Nemaja (qui finit sa vie saintement, sous l'habit monastique), il s'enfuit de la cour à dix sept ans pour se rendre au Mont Athos, changeant son prénom de Ratsko en celui de Sava (ou Sabas). Il y fonda le monastère serbe de Kilandari, avant de revenir dans son pays sombré dans le chaos. Il plaça et affirmit son frère Etienne sur le trône et se mit lui-même à la tête de l'Eglise serbe. Il la rendit autonome et la régénéra complètement.

 

 Bx Henri Suso (1296-1366)

enluminure

"...Dans cette ténébreuse absence de mode, toute multiplicité disparaît et l'esprit perd son être propre, il disparaît selon sa propre activité. Et tel est le but suprême, le "où" infini où aboutit la spiritualité de tous les esprits ; s'être perdu ici pour toujours est la suprême béatitude".

Heinrich Seuse naît au bord du lac de Constance, dans une famille de drapiers. Après cinq années de noviciat chez les Dominicains, inspiré par l'exemple des Pères du Désert, il se livre à de redoutables austérités. En 1320 il écoute les sermons de Maîtres Eckhart dont la doctrine l'éblouit. Bientôt, au terme d'une crise spirituelle intense, il commence une quête mystique plus intériorisée. Suso, comme Eckhart et Tauler, est chargé par son Ordre de visiter les couvents de moniales où il enseigne et guide les consciences dont il a la charge sur la voie de la sagesse éternelle. Mais la vénération dont il devient l'objet de la part de ses "filles spirituelles" engendre une campagne calomnieuse. Alertés, ses supérieurs l'expédient à Ulm où il meurt en 1366. Il sera béatifié en 1831. Suso adoucit la rigueur eckhartienne en se référant souvent à l'humanité du Christ. Sa langue plus tempérée évoque la douleur de l'absence et, inspirée par la vision tragique de la crucifixion, décrit le monde comme une ville en ruines où errent les âmes en quête de Dieu. Seule l'âme dénudée, détachée des contingences sensuelles et mentales, peut remonter à sa source, participer de l'effusion de la Déité, "tranquille obscurité demeurant en elle-même".

 Be Archangela Girlani (1460-1494)

Eleonora Girlani naquit à Trino d'une famille noble. Inclinée dès l’enfance aux pratiques de la piété, elle donna rapidement la preuve de vertus singulières. Souhaitant vivre une vie contemplative, elle subit l'opposition de ses parents, d'autant que ses deux soeurs voulurent la suivre. Grâce à l'intervention d'un ami carme, elles purent entrer toutes les trois au couvent récemment fondé à Parme et appartenant à l'importante Congrégation des Carmes de Mantoue. Éléonore y prit l’habit le 25 janvier 1478 à dix sept ans, sous le nom d’Arcangela. Ses dons et charismes ne passèrent pas inaperçus et quelques années plus tard, elle était déjà élue prieure. Ses exhortations, mais encore plus son mode de vie, étaient un exemple pour ses sœurs. La Bienheureuse resta à Parme pendant quinze ans, jusqu’à ce qu’elle soit choisie par la famille d'Este pour fonder nouveau monastère à Mantoue en 1492. Mère Arcangela marqua la vie de la nouvelle communauté de manière exemplaire. Elle se confiait avec assurance à la Sainte Trinité, ne faisant rien sans avoir demandé son aide. Elle avait le don de prophétie et obtint de nombreuses grâces du Seigneur. Bien qu'encore jeune, elle souffrit dans les dernières années de sa vie de diverses infirmités et de fièvres fréquentes. Elle prit congé de ses sœurs, qu’elle avait rassemblées dans sa cellule, recommandant l’humilité sainte plus que les autres vertus. Ses derniers mots furent « Jésus, mon amour ! ».

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