portrait |
Malgré lopposition
de ses parents, Camille de Soyecourt entre au Carmel à
Paris, rue de Grenelle en 1782. En 1790, lAssemblée
Nationale décrète la suppression des ordres monastiques,
et les carmelites sont expulsées. Heureusement la prieure,
Mère Nathalie, avait prévu et organisé une
solution de repli pour les trente et une carmélites. Vêtues
dhabits civils, les surs se répartissent par
petits groupes dans des logements dispersés. Sr Camille
se rend avec trois compagnes dans une petite maison rue Mouffetard
où elles continuent à vivre selon la règle.
Elles reçoivent aussi clandestinement des prêtres
réfractaires pour célébrer la messe. Malgré
les précautions prises, elles sont arrêtées
et envoyées à la prison pour femmes. Même
dans cet endroit sordide, les surs organisent leur vie
selon la règle. Laumône peut également
sexercer en partageant avec certaines détenues les
vivres que les parents de Camille lui font parvenir. Au bout
de quelques semaines, les carmélites sont libérées
car le tribunal na pu retenir aucune charge précise
contre elles. Sr Camille se réfugie cette fois chez ses
parents, mais la famille est arrêtée. Elle réussit
à s'enfuir, mais se retrouve totalement isolée,
obligée de se cacher et de mendier pour survivre. Ayant
appris sa détresse, une sur converse de son ancien
couvent vient se joindre à elle. Logées dans une
maisonnette abandonnée, elles peuvent, à deux,
faire revivre la règle carmélitaine. Avec hardiesse,
Sr Camille aménage une chapelle dans leur logement et
accueille des prêtres et des évêques réfractaires.
La fin de la Terreur marque un ralentissement des persécutions.
En 1795, Sr Camille loue une maison où elle reconstitue
un petit couvent improvisé. Elle y recueille de nombreuses
religieuses sortant de prisons, et héberge aussi des prêtres
en détresse. Mère Nathalie et plusieurs carmélites
la rejoignent. La petite communauté revient à une
vie presque régulière. Monsieur et Madame de Soyecourt
étant morts pendant la Terreur, Camille est donc censée
hériter dune partie de la fortune familiale. Réclamer
sa part dhéritage lui semble contraire à
son vu de pauvreté, mais le Pape lui en donne lautorisation.
Camille, devenue entre-temps prieure, met alors sa fortune au
service de son ordre, et plus largement de lÉglise.
Elle rachète lancien couvent des carmes et y refonde
un monastère, devenant le véritable centre névralgique
du Carmel de France. Toutes les carmélites dispersées
se retrouvent sur place, puis mère Camille les renvoie
partout en France pour refonder les communautés disparues.
En parallèle, elle continue à aider les prêtres
en difficulté. Elle remet en service les églises
pillées en fournissant notamment le matériel et
les vêtements liturgiques. Cependant, la situation des
ordres religieux nest toujours pas clarifiée et
le couvent de mère Camille na pas dexistence
officielle. Les religieuses sont donc toujours habillées
en civil et vivent constamment sous la menace dune fermeture
administrative, avec dispersion de la communauté. Mais
rien narrête la Vénérable Camille qui
poursuit son action avec une ténacité exceptionnelle
jusquà sa mort en 1849, à lâge
de quatre vingt onze ans. |
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