3 avril

(6 références)

 

Vendredi Saint

20 x 15 cm, 2002

"Tout est accompli."

 

" En ce jour est suspendu à la croix celui qui suspendit la terre sur les eaux ; d'une couronne d'épines le roi des anges est couronné, d'une pourpre dérisoire il est revêtu, lui qui revêt le ciel de nuées ; celui qui dans le Jourdain a libéré Adam accepte les coups et les soufflets ; l'Epoux de l'Eglise est percé de clous ; le Fils de la Vierge d'une lance est transpercé. Ô Christ nous adorons ta Passion, ô Christ nous adorons ta Passion : montre-nous ta sainte Résurrection. "

(antienne XV, t.8)

  St Nicétas le Confesseur (+824)

icône contemporaine

Il n'avait que huit jours quand il perdit sa mère. Son père le consacra à Dieu et, à l'âge de douze ans, il était déjà le lecteur de l'évêque de Césarée de Bithynie. Adolescent, il entra au monastère du Médikion, au Mont-Olympe de Bithynie (ancien monastère Saint-Dionysios). Sa vie faite de rigueur et d'humilité conduisit les moines à le choisir comme higoumène. Lors des persécutions iconoclastes, au temps de l'empereur Léon V l'arménien, il se laissa aller à communier avec les hérétiques, après avoir été épuisé par un dur emprisonnement. Repenti, il s'enfuit dans un lieu retiré. Mais pour manifester publiquement son revirement, à la demande de St Théodore Studite, il revint à Constantinople. Arrêté et interné au cap Akritas, il y fut enfermé six ans dans un cachot, sans lumière, et nourri d'un peu de pain moisi et d'eau croupie. Libéré à la mort de l'empereur, il ne voulut pas reprendre la direction de son monastère et se retira dans un petit domaine de la Corne d'Or, face à Constantinople, où il mourut au bout de quelques mois.

  St Joseph l'hymnographe (IXème siècle)

icône contemporaine

Originaire de Sicile, il se fit moine à Thessalonique à quinze ans. Au temps des persécutions iconoclastes, il fut envoyé à Rome auprès du Pape Grégoire IV pour l'informer de la situation et obtenir l'appui de l'Eglise d'Occident. Capturé en route par des pirates arabes, il fut condamné au carcan. Il ne cessait de chanter sa foi. Le Seigneur vint à son aide. Libéré il put rejoindre Constantinople. C'est durant cette période, qu'il composa hymnes et tropaires, qui lui valurent son surnom. Exilé en Crimée pendant huit ans pour avoir blâmé l'union scandaleuse d'un ministre impérial, il continua son oeuvre. De même à son retour quand il fut désigné comme gardien des vases sacrés de l'église de Sainte-Sophie de Constantinople.

  St Richard de Chichester (+1253)

icône contemporaine

Gentleman anglais, né à Wiche dans le Worcestershire, le second fils des châtelains locaux se montre d'abord secourable à ses parents ruinés, en travaillant à la ferme familiale. Devenu adulte, il peut enfin assouvir sa passion des études à Oxford, Paris et Bologne, les trois perles universitaires de l'époque. En 1235, il devient chancelier de l'Université d'Oxford. Il n'a pas quarante ans. Juriste réputé, le voilà conseiller des trois archevêques successifs de Cantorbéry : Edmond, Riche et Boniface de Savoie. Il défend l'indépendance de l'Eglise face au pouvoir royal. Tardivement ordonné prêtre en France, il est d'abord curé de paroisse avant de redevenir chancelier de l'archevêque. Promu évêque de Chichester, chef-lieu du Sussex Occidental, il y restera une décennie, persécuté par Henri III, mais vénéré de ses diocésains.
Richard est le saint patron des cochers (peut-être parce qu'ils conduisait les charrettes et les chariots dans la ferme familiale) et de la Guilde des cochers de Milan.

  Gerhard Tersteegen (1697-1769)

Gerhard était né en Rhénanie, à Moers, dans une famille de tradition réformée. À vingt ans, il commença à ressentir une vocation à la vie retirée, aux marges du monde, et très vite il sentit qu’il lui fallait combler le vide qui s’était creusé dans son existence par une vie spirituelle intense. Influencé par l’enracinement biblique qu’il tenait de sa culture protestante, mais aussi par la lecture des mystiques du Moyen Age, Tersteegen entreprit de mener une expérience de vie qu’il est possible d’assimiler au monachisme par plus d’un aspect. Muni d’une petite règle qui disciplinait son travail de tisserand, l’étude et la prière, il accueillit un ami qui désirait vivre en fraternité avec lui dans le célibat. Tersteegen reconnaissait dans la vie fraternelle une forme de vie cachée en Christ, conforme à l’enseignement néo-testamentaire sur la vie chrétienne. Avec le temps, son sens affiné du discernement devint un patrimoine qu’il partagea avec un très grand nombre de personnes qui lui écrivaient ou venaient le trouver pour un accompagnement spirituel. Conscient de l’urgence du réveil religieux qui émergeait désormais dans toute l’Allemagne et aux Pays-Bas, Gerhard consentit de vivre en alternance sa solitude et un service itinérant de prédication. C’est de cette manière qu’il vécut jusqu’à sa mort: il apportait son aide à ceux qui voulaient établir des « maisons de pèlerins », comme il aimait appeler les petits foyers de travail et de prière semblables à celui qu’il avait lui-même créé. A la pureté évangélique de sa théologie appuyée sur l’expérience et de ses prédications se sont référés Kierkegaard, Bultmann et Barth. Bonhoeffer, quant à lui, trouvera un grand réconfort dans ses poésies.

  Aristides de Sousa Mendes (1885-1954)

« À partir d’aujourd’hui je vais obéir à ma conscience. Je n’ai pas le droit en tant que chrétien de laisser mourir ces femmes et ces hommes (...) ». « Désormais, je donnerai des visas à tout le monde, il n'y a plus de nationalité, de race, de religion. ».

Aristides de Sousa Mendes naquit en 1885 dans l’une des plus anciennes familles aristocratiques du Portugal. Il étudia le droit, entra dans la diplomatie et passa trente ans à servir dans des postes à travers le monde. Il avait quatorze enfants. En 1938, il fut nommé consul général à Bordeaux. En novembre de cette même année, le dictateur portugais Salazar émit la Circulaire 14, un ordre envoyé à tous les diplomates portugais : aucun visa ne devait être accordé aux réfugiés, en particulier aux Juifs, aux Russes et aux apatrides. Le Portugal était officiellement neutre, mais discrètement favorable à Hitler. L’ordre était clair, et les conséquences de toute désobéissance étaient évidentes. Pendant un an et demi, Sousa Mendes distribua tout de même quelques visas. Puis l’Allemagne envahit la France. En mai et juin 1940, les routes vers le sud se remplirent. Des centaines de milliers de personnes tentaient de fuir vers la frontière espagnole, vers le Portugal. Ils affluèrent au consulat portugais de Bordeaux, car un visa portugais signifiait un passage sûr à travers l’Espagne, la dernière voie de fuite. Sousa Mendes n’était pas autorisé à délivrer des visas, mais laissa certains d’entre eux entrer pour s’abriter, notamment un rabbin polonais nommé Chaim Kruger, qui avait fui la Belgique avec sa femme et ses cinq enfants. Les deux hommes parlèrent. Kruger expliqua ce qui arrivait à ceux qui ne pouvaient pas fuir. Alors, il se retira dans sa chambre, et lorsqu’il en sortit, quelque chose en lui avait changé de façon irréversible. Il se rendit à la chancellerie et ouvrit les portes. Il installa une table. Les passeports arrivèrent en piles. Aidé de ses enfants et neveux, ainsi que du rabbin Kruger, il signe des visas sur des formulaires, puis sur des feuilles blanches et sur tout morceau de papier disponible. Pour aller plus vite, il réduisit sa signature à « Mendes ». Aucun frais n’était demandé. Aucun nom n’était inscrit dans les registres officiels, pour éviter tout contrôle de Lisbonne. Il travailla sans dormir, pendant trois jours et trois nuits, il signa. Lisbonne finit par être informée. Le 24 juin, Salazar lui ordonna d’arrêter immédiatement et de rentrer. Deux hommes furent envoyés pour le ramener. Sur la route, ils passèrent devant le consulat portugais de Bayonne, puis d'Hendaye. Il fit là aussi délivrer des visas, et fit ouvrir la frontière. L’ambassadeur du Portugal en Espagne arriva, stupéfait, et lui demanda ce qu’il croyait faire. Sousa Mendes répondit qu’il obéissait à une autorité supérieure à celle de Salazar. De retour à Lisbonne, il fut traduit devant un tribunal disciplinaire. On l’accusa de désobéissance et d’avoir déshonoré le Portugal. Il perdit son poste, sa pension et la carrière diplomatique qu’il avait bâtie en trente ans. Il fut interdit d’exercer le droit. Ses enfants furent mis sur liste noire, exclus des universités et des emplois publics. Le domaine familial dut être vendu pour payer les dettes. Finalement, c'est la communauté juive de Lisbonne qui nourrit la famille grâce à sa soupe populaire. Pendant quatorze ans, il tenta de faire appel. Salazar refusa de le rencontrer ou même de lui répondre. À la fin de sa vie, paralysé, et épuisé, il contracta une pneumonie. On le transporta à l'hôpital franciscain dans le quartier du Chiado, c'est là qu'il s'éteindra le 3 avril 1954, avec comme dernier habit, la robe de bure des Franciscains. Sur son lit de mort, il dit à son neveu : "Je n'ai rien à vous laisser sauf mon nom et il est propre." Il fut déclaré « Juste parmi les nations » en 1966, et réhabilité par la République portugaise le 18 mars 1988.

  ven. Lorena d'Alessandro (1964-1981)

Elle naît à Rome et à l'âge de dix ans, on lui diagnostique une tumeur au tibia gauche et subit une greffe osseuse. Deux ans plus tard, en raison de la récidive de la maladie, l’amputation du membre est devenue nécessaire. Malgré ses souffrances, elle réussit à fréquenter l'école, achevant un parcours satisfaisant et, à partir de 1976, fréquente de plus en plus sa paroisse, travaillant comme catéchiste pour préparer les enfants à la première communion. En 1980, elle commence à écrire son journal spirituel. Avec d’autres jeunes de son âge, elle assiste au Renouveau dans l’Esprit, et est inspiré par la spiritualité de la communauté de Taizé. À l'été 1980, de retour d'un pèlerinage à Lourdes, elle rédige son testament. En janvier 1981, la tumeur réapparaît dans le poumon gauche avec des métastases généralisées. Elle vécut les derniers moments de son existence avec intensité et décède à Rome, le 3 avril 1981 à l'âge de seize ans. Le caractère exemplaire de son expérience fut dans son acceptation totale de la maladie. Dans son journal, elle raconte les angoisses et les joies typiques de l'adolescence et de la jeunesse, confrontées à une foi de plus en plus vive, mûrie par l'épreuve et une participation active à la vie paroissiale. Toutes les personnes qui l’ont rencontrée, en particulier ses camarades de classe et ses amis, on témoigné de sa joie de vivre, malgré sa maladie et les souffrances qu'elle provoquait. Elle était toute ouverte à l'amour, s’abandonnant à la volonté de Dieu, témoignant joyeusement de sa foi parmi ses pairs, même parmi ceux qui ne la partageaient pas. Sa réputation de sainteté s’est répandue dans la paroisse où il vivait.

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