icône contemporaine
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"Dieu me veut
pour lui", répondit-elle
à un jeune homme qui la demandait en mariage. Elle avait
alors dix-huit ans et était employée de maison
depuis deux années. Elle avait perdu son père,
disparu en mer à Cancale alors qu'elle n'avait que quatre
ans. Ayant fait dès son enfance l'expérience de
la pauvreté, elle fut confrontée à une misère
plus grande encore lorsqu'elle vint travailler à Saint-Servan.
Durant l'hiver de 1839, elle accueillit chez elle, dans son petit
logement, une femme âgée, aveugle et paralysée
qui survivait seule dans un taudis. D'autres jeunes femmes s'associèrent
à elle et, en 1842, elles s'appelèrent : "Les
servantes des pauvres." Pauvres elles-mêmes, la quête
fut leur ressource essentielle et l'occasion de demander aux
personnes aisées de partager leurs biens avec les pauvres
que Jeanne appelait "les membres souffrants de Jésus-Christ."
La congrégation connut un grand développement en
Europe et même dans d'autres continents. A partir de 1852,
une cabale de quelques religieuses la firent exclure de la direction
de sa congrégation et elle fut soumise, ignorée,
à une sorte de réclusion. "Je ne vois plus
que Dieu seul", disait-elle. On reconnut son humilité
et sa sainteté au moment de sa mort. |
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